ONON:TA', de Pierre Monette

« La langue française ne parle pour ce pays que depuis quelques siècles. Se restreindre à son usage pour nommer les paysages des Amériques, c’est laisser ce continent enfoui sous des millénaires de silence. » (p. 35)

TAQAWAN, d'Éric Plamondon

Il est assez rare que je parle en mal des livres que je lis. Écrivain moi-même, ayant plusieurs amis dans le domaine, je connais trop l’impact négatif que peut avoir une mauvaise critique m’amuser à distribuer les blâmes publiquement. Quand j’aime un livre, j’en parle, quand je n’aime pas (ou que mon enthousiasme est un peu mitigé), je me tais. Mais, bon, là, je me sens trahi. Après m’être fait plaisir en partageant hier des extraits d’un roman qui s’annonçait particulièrement fort et stimulant, je dois me rendre à l’évidence : Taqawan, ce n’est pas très bon. À un point que c’en est même un peu insultant. Mêlant habilement le documentaire et la fiction, le récit s’ouvre de façon fracassa

TAQAWAN, d'Éric Plamondon

« Quand les chiens sont lâchés, quand on donne le feu vert à des sbires armés en leur expliquant qu'ils ont tous les droits face à individus désobéissants, condamnables, délinquants, quand on fait entre ces idées dans la tête de quelqu'un, on doit toujours s'attendre au pire. L'humanité se retire peu à peu. Dans le feu de l'action, la raison s'éteint. Le cerveau reptilien reprend le dessus. Que l'on soit soldat, gardien de prison ou policier, l'entraînement primordial est celui qui a pour but d'effacer le libre-arbitre. Il faut savoir répondre aux ordres sans penser. [...] Alors quand on lâche une bande de gars de Québec dans une réserve, ça finit avec des côtes cassées et des épaules luxées

TAQAWAN, d'Éric Plamondon

« Des Indiens, ce sont des Indiens. On les a appelés comme ça parce qu'on croyait être arrivé en Inde. Mais non, on était arrivé en Amérique. Avec le temps, on s'est mis à les appeler des Amérindiens. Plus tard, on dira des autochtones. Avant ça, on les a longtemps traités de sauvages. On les a surnommés comme ça, des hommes et des femmes sauvages. Il faut se méfier des mots. Ils commencent parfois par désigner et finissent par définir. Celui qu'on traite de bâtard toute sa vie pour lui signifier sa différence ne voit pas le monde du même oeil que celui qui a connu son père. Quel monde pour un peuple qu'on traite de sauvages pendant quatre siècles? » (p. 40)

DE BOIS DEBOUT, de Jean-François Caron

Une œuvre magnifique qui traite avec la même affection et le même respect de la vie dans les livres et de la vie hors de livres. Des personnages complexes et nuancés, à peine plus grands que nature, traités avec la tendresse infinie d’un amoureux du genre humain. Une construction narrative efficace et inventive qui tient le lecteur en haleine en même temps qu’elle l’apaise. La richesse d’un entrelacement de voix aussi envoutant que maîtrisé. Une écriture puissante et chaleureuse, un style affirmé, qui insufflent au chaos du monde un surplus de sens réconfortant. Un roman brillamment construit qui vous enveloppe, vous absorbe et vous entraîne dans une aventure humaine aussi dense et

COMME ON TUE SON CHIEN, de Geneviève Boudreau

J'ai été profondément marqué par la lecture de Comme on tue son chien, le dernier recueil de Geneviève Boudreau. Sans animosité, mais sans pitié, l’auteure y rend compte de la petitesse des êtres humains, du difficile engrenage de leurs faiblesses mutuelles. Gravement, sans hâte, avec précision, elle fouille leurs blessures, éclaire leurs déchirures, mettant à jour des souffrances sans nom. Comme si, lucide, elle avait choisi de garder les yeux ouverts et de décrire ce qu’elle voyait et ressentait plutôt que de fuir la douleur, de la combattre ou de se laisser emporter par elle. Livre courageux et nécessaire d’une écrivaine en pleine possession de ses moyens (on la sent là, tout entière, dan

LA LANGUE AFFRANCHIE, d'Anne-Marie Beaudoin-Bégin

Il faut lire La langue affranchie, comme il faut lire La langue rapaillée, publié deux ans plus tôt. Ce sont des ouvrages essentiels que tout Québécois, voire tout francophone, devrait lire, relire et méditer. Dans une écriture simple et limpide, brillante sans ostentation, l’auteure bouscule nos idées reçues, déboulonne certains mythes et nous ouvre les yeux sur les mécanismes à l’œuvre dans la survie et la transformation des langues. Combattant nos insécurités, déconstruisant nos peurs, Anne-Marie Beaudoin-Bégin nous libère de nos chaînes et nous incite à apprivoiser les processus qui font du français une véritable entité vivante, en constante évolution. À moins d’être Denise Bombardier,

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