LES ANODINS, de Gabriel Robichaud

« L'homme derrière le bum Y joue de la guitare Y connait toutes les tounes qu'on connait Pis même des tounes Que nos parents connaissent Y a grandi aux airs De pogne-toi une job Fais des enfants marie-toi Ou l'inverse C'est le concierge De mon école Je l'ai vu Avec sa calotte Cueillir un bouquet Y lave la marde De ceux qu'apprennent En sifflant ses airs Que tout le monde connait J'ai déjà vu ses larmes À côté du local de musique Tenir le rythme De ce qu'y aurait pu être » (p. 55)

LE CRI DE LA SOURDE, de Sylvie Nicolas

« Enfants, tu le crois, nous possédons le pouvoir de l'insouciance. Nous ignorons que les mots, en vol plané autour de nos têtes occupées aux jeux les plus anodins, déposent en nous de féconds sédiments et que, en temps voulu, ils remonteront à la surface. Leur périple, si on veut bien l'envisager ainsi, s'apparente peut-être à la montaison des saumons sauvages, à la mystérieuse odyssée qu'ils entreprennent avant de revenir vers les galets de leurs origines. Car comment expliquer autrement que l'histoire de La Sourde et les restants de celle de Barthélémy s'ancrent à ta mémoire après tout ce temps écoulé, sinon en considérant que les paroles restées en dormance possèdent un élan clandestin a

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