LA VIE HABITABLE, de Véronique Côté

3/12/2014

« Le vocabulaire est désormais le champ de bataille des politiciens, des publicitaires et des chroniqueurs, qui appliquent rigoureusement le principe selon lequel il suffit de répéter assez une chose pour que cette chose devienne vraie. Comme il suffit d'utiliser assez de fois un mot à mauvais escient pour le vider de son sens initial - pour le saigner à blanc. Pour que la grève étudiante devienne un boycott; pour qu'un individualisme aveugle ayant "le droit d'accumuler de l'argent [pour] seule valeur partagée" se transforme en révolte des contribuables; et pour que le maigre burger et les frites froides séchant au fond du sac en papier blanc se méritent le nom de Joyeux festin.

[...]


Malgré ce qu'on tente de nous faire assimiler, nous ne sommes pas que des contribuables, et nous savons bien, au fond de nous, que les Joyeux festins n'ont rien de joyeux.
 

Je voudrais dire ici ce que c'est qu'un festin, et ce que c'est que la joie, pour rétablir un peu l'équilibre du monde. »

(p. 32-33)

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