FRAYER, de Marie-Andrée Gill


Quand je pense au dernier recueil de Marie-Andrée Gill, je vois un portrait de femme troué de toutes parts, comme un tableau réalisé à partir de plusieurs planches d'anatomie superposées. On y distingue la peau, les cheveux, la silhouette et les traits du visage, avec partout des trous pour voir ce qui se cache en-dessous: les nerfs, les muscles, les os et les organes offerts. Des choses superficielles et légères, et d'autres, ancrées profondément dans la chair. Et entre les deux, constamment, ces trous dont on n'arrive jamais à savoir s'il s'agit de blessures encore vives ou d'ouvertures taillées exprès pour nous permettre de voir à travers. Quoi qu'il en soit, c'est beau, c'est cru, c'est émouvant, c'est sincère; ça s'appelle Frayer, ça veut vivre et ça déplace de l'air.

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© 2018 par Gabriel Marcoux-Chabot