UN LONG SOIR, de Paul Kawczak


Je suis entré dans ce livre sans trop savoir à quoi m’attendre, n’ayant même pas pris le temps de lire la quatrième de couverture. Les premières pages m’ont plu, sans pour autant m’enthousiasmer outre mesure. Courts tableaux, souvenirs auréolés de nostalgie, je marchais sans hâte dans les pas de ce narrateur revenu hanter les lieux de sa jeunesse, me laissant bercer par les images issues de ce mind palace où chaque pièce semble creuser un nouvel espace de liberté. Puis sont apparus des paysages étranges et fascinants, savoirs nourris de visions, parcelles d’exotisme nimbées de mystère. Lus à haute voix (ou presque : je les murmurais plutôt), les mots résonnaient, suscitant de troublants mirages qui s’imposaient à mon esprit avant de s’évanouir aussitôt. À partir de là, je dois le dire, j’ai été happé complètement. Scènes intimistes entrecoupées d’élans vers des ailleurs esthétisés. Textes denses où l’amour et la mort se côtoient. Richesse des mots. Pulsation des corps. La prose devient poésie. L’écriture se contracte, se déploie, et le dernier texte, sublime, renforce et justifie tout ce qui vient avant lui. Portant le même titre que le recueil, il est si vibrant, si poignant que mon premier réflexe était de le citer ici. Mais ce serait vendre le punch, gâcher la sauce. Lisez, et vous comprendrez.

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© 2018 par Gabriel Marcoux-Chabot