HOMO SAPIENNE, de Niviaq Korneliussen

8/1/2018

Il y a plusieurs raisons de s’intéresser à Homo sapienne, de Niviaq Korneliussen. Premier texte d’une jeune auteure inuite, premier livre groenlandais à véritablement franchir les frontières de l’île (du moins, il me semble), roman d’une génération, œuvre queer, c’est surtout, à mon humble avis de lecteur, un admirable cri du cœur, un formidable cri du corps.

 

Profondément incarnés, intensément vivants, les cinq personnages dont les destins croisés forment la trame du roman nous touchent dans leur maladresse et leur sincérité. Dans l’atmosphère étourdissante des nuits de Nuuk, d’une fête à l’autre, d’un corps à l’autre, ils cherchent leur voie. Leurs craintes, leurs désirs, leurs doutes et leurs hésitations sont ceux de tous ceux et celles qui apprennent à aimer. Entre tensions intérieures et pressions extérieures, ils se cherchent et se trouvent, en dépit des déchirements que provoque la découverte de ce qu’ils sont réellement. On les voudrait heureux, ils ne le sont pas, du moins pas encore, mais ils le seront bientôt, on n’en doute pas, tant est pure et belle leur quête d’amour et d’authenticité. Roman dense et vrai sur des êtres qui le sont tout autant, Homo sapienne mérite largement les éloges qu’il a reçus jusqu’à maintenant.

 

Note : Le hasard a voulu que je lise la dernière partie du livre très tôt le matin, avant même que le soleil ne commence à se lever. Il n’y a pas, je crois, de meilleur moment pour terminer ce roman. Ainsi, lorsque vous rencontrerez le titre « What a Day – Sara » (page 175, pour être précis), déposez le livre et ajustez votre réveil. Vous ne regretterez pas cette petite heure de sommeil en moins. Comme le soleil, qu’elles peuvent remplacer, ces pages illumineront votre journée.

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